20090903

Article from the Nordkapp di Lionel Rossetto




Depuis quelques jours, je fais route commune avec mon amie Amélie. Aujourd'hui est un jour comme un autre. Une nuit pluvieuse, une matinée grisonnante qui nous encourage à rester encore quelques minutes au fond du sac de couchage pour ne pas avoir à subir l'air saisissant du nord.
Les vélos chargés nous partons habillés en conséquence contre les assauts répétés de la pluie. Aujourd'hui est mon 115 ème jour d'aventure cycliste qui m'emmène au bout de la route, au Cap Nord.En route, nous croisons de nombreux troupeaux de rennes qui broutent. Ces animaux évoluent sur les plateaux de Finmark (région du nord de la Norvège) là où la plus grande population lapone vie. Les lapons (ou Sami), se concentrent dans le nord de la Norvège, Suède et Finlande, et vivaient autrefois de la pêche de la chasse et de l'élevage. Cette population nomade se déplaçait sans cesse avec leurs troupeaux au fil de l'année. Aujourd'hui, très peu de Sami mènent encore cette vie.Les montées se succèdent et les paysages se transforment. De grandes étendues composées de très peu d'arbres nains et d'herbe courte remplacent les grandes forêts de Norvège.Les nuages se sont déchirés, laissant place à un superbe Soleil. Nous avons retrouvé une amie cycliste québécoise et deux cyclistes danois. Nous remontons à cinq la dernière côte nous ammenant sur le plateau du Cap Nord. Victoire ! Nous posons le pied sur ce site cerné à présent de falaises très abruptes. Le rêve est devenu réalité. Le bout de la route esst atteint, nouss avons du mal à nous en persuader. A cinq dans notre tente, à l'abris d'un vent tempétueux, nous absorbons un repas réparateur. Peu avant minuit, nous sommes face au Soleil qui baisse à l'horizon sans jamais disparaître. Une lumière rosée, rouge nous envahit. L'océan Arctique prend lui aussi une teinte dorée et chacun reste muet, subjugué par ce spectacle exceptionnel. Tout à l'air si irréel... Le vent finit par nous ramener à la réalité en nous fouettant le visage. Les bourrasques nous font perdre l'équilibre et c'est frissonnant que nous rejoignons notre campement.
7000km à la force du mollet pour conquérir mon but, quelques 5000 de plus seront nécessaire pour rentrer en France. Le cap est atteint mais le rêve continue...